
"C'est une occasion unique de pouvoir côtoyer des publics divers"
Témoignage de Benjamin Ricci :
' expérience de volontaire est extrêmement enrichissante car elle permet de s'engager de manière concrète en venant en soutien à des structures pour la plupart associatives. C'est une occasion unique de pouvoir côtoyer des publics divers que je n'aurais pas eu la chance de rencontrer dans ma vie de tous les jours.
A ce propos, j'ai effectué une mission de réfection d'une cage d'escalier à l'ANEF. J'ai donc pu rencontrer des jeunes filles placées par la protection judiciaire des mineurs dans cette structure. En plus des échanges que j'ai pu avoir, j'ai également acquis des compétences ; je sais désormais poser du carrelage, de la toile de verre, du mastic... Certes je ne ferai pas carrière dans le bâtiment, mais pour faire quelques travaux chez moi cela pourrait être bien utile (je dis bien « pourrait » maintenant il ne reste plus qu'à trouver l'envie).
En outre, le travail d'équipe est une composante importante du volontariat. En plus d'aller à la rencontre des autres, il faut tout d'abord aller vers celle des volontaires qui constitueront une équipe. Partir sur des missions qui ne sont pas particulièrement faciles, qui plus est avec des personnes que l'on ne connaît pas semble de prime abord plutôt délicat.
Mais rassurez-vous, il n'en est rien. Les autres volontaires se sont, eux aussi, engagés pour accomplir des travaux d'intérêts publics, ils partagent donc la même envie que vous, ce qui, à n'en point douter, rapproche d'emblée.
Un petit exemple de situation pas très évidente à été de faire du porte à porte dans le quartier de la Duchère pour parler des économies d'énergie et du tri des déchets. Bien que ce soit un beau projet de vouloir aider à préserver l'environnement, dans le contexte économique actuel, les gens ont d'autres préoccupations et ils n'étaient, pour la plupart, pas très intéressés par le sujet.
Ainsi, quantitativement, ça n'a pas été d'une ineffable utilité, cependant, d'un point de vue qualitatif ça a été une expérience enrichissante. En effet, pour ceux qui ont accepté de nous recevoir, nous avons pu parler écologie, mais pas seulement; nous avons partagé un moment à converser de divers sujets qui les touchaient.

J'emploie volontairement le nous très souvent pour parler de mon expérience en tant que volontaire, car l'équipe est, dans les situations difficiles ou joyeuses, un appui important sur lequel on peut se reposer et compter.
En quelques mois, de parfaits étrangers deviennent des collègues de travail et parfois plus : de véritables amis (certains développent même des relations plus intimes : avis aux amateurs !).
En plus des personnes qui tentent de changer certaines choses à leur niveau, j'ai aussi découvert le côté plus salarial de l'engagement associatif.
Etant donné que j'étais là toute la journée, cela m'a permis de voir comment fonctionnent les structures avec leurs salariés, leurs bénévoles et les interactions qu'ils pouvaient avoir entre eux.
Lors d'un projet avec une association, j'ai été étonné de voir que la moyenne d'âge de ses bénévoles est relativement élevée... Cela n'a d'ailleurs pas été très simple de les investir dans une soirée évènementielle que moi (ça y est je m'y mets), et mes collègues, avions décidé de mettre en place. C'est là que j'ai réalisé que les aspirations de l'association n'étaient pas forcement celles des bénévoles qui la composent.
"Un autre public que j'ai rencontré et que je n'aurais jamais fréquenté ont été les personnes âgées" Un autre public que j'ai rencontré et que je n'aurais jamais fréquenté sont les personnes âgées. Certes ce n'était pas la première fois que je rentrais dans une maison de retraite, mais je n'y étais jamais resté si longtemps et j'y allais pour une chose précise et c'est tout. Ce que j'ai ressenti en passant ma première journée là bas, c'est vraiment la vacuité qui semblait planer sur la totalité de l'EPHAD (et oui j'ai aussi appris les nouveaux termes techniques). Ça m'a aussi donné l'impression d'un ailleurs caché, enclavé dans la ville et la vie. Le plus lourd, c'est la scission entre la maison et le monde extérieur. Le temps semble s'y écouler plus doucement, amenant parfois un sentiment de torpeur. Bien entendu, les animations que nous y menions étaient dynamiques par l'énergie que nous y insufflions, mais une fois retombé, le poids de l'ambiance était de retour.
Cela permet de s'interroger sur la place que nous accordons à nos ainés ainsi que sur la volonté de prolonger la vie à tout prix, sans demander ce que les personnes veulent réellement.
J'ai réalisé un autre projet intitulé «passeurs de mémoire», qui visait à recueillir les souvenirs qu'elles voulaient bien nous confier et de les retranscrire dans un recueil, par la suite publié sur un site internet.
J'ai été étonné de la participation (naturellement pour celles qui le pouvaient encore), ainsi que de l'enthousiasme qu'elles manifestaient pour nous raconter leur récit de vie.
Les personnes âgées sont donc extrêmement demandeuses de relation avec les plus jeunes et pas forcement entre elles, mais à leurs dires pas trop jeunes non plus...
J'ai dû, pour passer d'agréables moments avec elles, dépasser mes appréhensions et m'adapter à un type d'animation que je trouvais assez infantilisantes au début, pour me rendre compte par la suite, qu'elles n'étaient que le prétexte pour créer du lien avec les personnes âgées, tout en les divertissant.
"Durant mon volontariat, j'ai aussi appris à être plus organisé que je ne l'étais" Durant mon volontariat, j'ai aussi appris à être plus organisé que je ne l'étais à l'aide d'outils comme les plans d'actions, rétro-planning et compagnie. Trop d'organisation est toujours pour moi une grande source d'angoisse, mais j'ai appris que, parfois, elle est nécessaires pour pouvoir réaliser tous les objectifs que l'on s'est fixés. Notamment à l'occasion d'un festival d'écriture auquel j'ai pu participer, je me suis vite rendu compte que sans un minimum de planification pour avoir une vue d'ensemble du projet, on finissait dépassé sans même avoir pu réaliser la moitié de ce que l'on voulait faire.
J'ai aussi pu constater que mes compétences en termes de déménagement laissaient à désirer, il m'a donc fallu chercher un autre plan de carrière plus en phase avec mes atouts.
Etre volontaire, c'est aussi suivre une formation citoyenne sur les problématiques sociales d'actualité, les différents publics que nous serions à même de rencontrer ainsi que les institutions françaises et européennes.
Plus qu'une formation, c'est plus une information, ainsi qu'une réflexion sur notre implication et la place que l'on souhaite prendre dans la société.
our conclure, être volontaire est une incroyable expérience que je conseille à tous ceux qui désirent s'investir dans la vie locale et associative. C'est avant tout pour moi une série de rencontres avec des personnes qui s'investissent au quotidien pour améliorer la vie locale. C'est aussi des rencontres avec des choses plus immatérielles comme les structures dans lesquelles nous sommes accueillis et avec lesquelles nous menons des projets.
Et enfin la rencontre d'autres volontaires avec lesquels j'ai partagé ces neufs mois qu'a duré mon engagement et qui, pour certains, sont devenus de véritables amis.
Si vous aussi vous voulez vous engager dans la solidarité locale, contactez Unis-Cité.

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