
"l’envie de découvrir autre chose..."
'association Africanim, composée de 12 membres (pour la plupart étudiants – métiers de l'illustration, de l'audiovisuel, des sciences sociales), a été présente à Yaoundé, Cameroun, du 7 juillet au 18 septembre 2008, pour travailler en centre artistique, afin d'aboutir à la réalisation d'un court-métrage animé. Sur place, en collaboration avec la structure camerounaise IRONDEL, l'association a animé divers ateliers avec des jeunes camerounais.
Nous avons interviewé Léah Touitou, présidente de l'association Africanim. Léah est illustratrice, fraîchement sortie de l'école Emile Cohl à Lyon. Elle a accepté de nous répondre avec franchise sur son expérience. Vous pouvez bien évidemment la contacter si vous avez des questions !
Peux-tu nous dire comment est née l’idée du projet Africanim ?
L’association Africanim est née en 2007. Elle a pour but de promouvoir les échanges culturels créatifs entre la France et l’Afrique Elle a été créée suite à un stage d’illustration que j’ai effectué au Cameroun pendant 3 mois, qui m’a beaucoup plu et qui m’a donné alors l’envie de refaire un projet
un peu plus large avec Irondel, la structure qui m’a accueillie lors de mon stage. L’idée a été alors de rassembler une dizaine de personnes pour animer un camp d’été artistique au Cameroun, afin d’y réaliser un court-métrage d’animation avec des jeunes de Yaoundé.
Quel a été le déclic ?
J’ai eu l’idée alors que j’étais en stage ! Je me suis dit que je voulais revenir mais pas en tant que stagiaire, plutôt pour y monter un projet concret. J’en ai donc discuté avec la responsable d’Irondel qui m’a alors dit qu’elle était prête à collaborer avec moi. A partir du moment où j’ai eu son accord, dès que je suis rentrée en France, c’était parti. Le projet n’aurait pas pu se faire sans Irondel. C’est eux qui nous ont accueillis et offert un point de chute…
Quelles étaient, d’ailleurs, les attentes d'Irondel dans le cadre de ce projet ?
Irondel est une grosse association artistique qui s’occupe d’organiser des festivals et de l’évènementiel et notamment, au mois de juillet de chaque année, le festival Feschary*. A l’occasion de ce festival, des jeunes de Yaoundé sont formés au dessin et à la bande dessinée. Le principe était qu’Africanim anime un atelier avec des enfants dans ce cadre-là. Ils attendaient de nous de l’encadrement pour les jeunes, du matériel…notre collaboration.
* Ndr : festival de la caricature et de l'humour de Yaoundé, organisé par Irondel
Pourquoi la structure avait-elle besoin de vous pour cet atelier ? Ne pouvaient-ils pas l’organiser avec des ressources locales ?
Si, mais il n’y aurait pas eu les mêmes ateliers et les mêmes échanges de connaissances. Il y a, bien sûr, le matériel que l’on a apporté. Ceci dit, celui qui a été utilisé aurait pu être camerounais. Mais il y aussi que l’équipe d’Africanim était composée de personnes formées à l’audiovisuel, à l’illustration et surtout au dessin animé. Cette compétence semble être moins évidente là-bas. Il y a déjà beaucoup de personnes formées au Cameroun, mais ils n’ont pas accès aux mêmes formations et surtout pas au même matériel.
Et de votre côté, quelles étaient les motivations premières des membres du groupe ?
Partir travailler pendant deux mois dans un autre pays. La chance de pouvoir partir en Afrique. L’envie de découvrir autre chose. Pouvoir participer à un projet en relation avec ses études. Mettre à disposition son savoir-faire... Pour beaucoup cela représentait une expérience professionnalisante. On avait aussi tous très envie de partir et de découvrir d’autres situations humaines.
L’expérience a-t-elle répondu aux attentes des uns et des autres ?
Oui, ça a été un apport énorme pour nous au niveau professionnel. Notamment pour les gens qui suivaient des études d’anthropologie, d’arts du spectacle, d’audiovisuel. Le projet a été une base de travail.
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